Soleil couchant

Marionnettes / Adultes

Sur une plage, dans la douceur d’une fin de journée ensoleillée, un vieil homme plonge dans ses pensées et ses souvenirs. Il semble, avec entrain, préparer sa dernière œuvre. Sans un mot, dans le seul bruit des vagues, ce personnage, une marionnette à taille humaine, nous fait saisir ses sentiments au travers de petits riens. Il évoque le temps qui passe, ce qu’il a perdu. Maladroit, ralenti, agrippé à son manipulateur, il retrace ainsi le chemin de sa vie, suivant un dialogue intérieur. Une gorgée de bière, du sable qui coule entre les orteils… Un geste rappelle un souvenir, un souvenir entraîne un soupir.
Tout comme vieillir peut parfois signifier la perte d’autonomie, sa condition de marionnette le rend dépendant, dans ses mouvements, de son marionnettiste. Une communion perceptible s’installe alors entre les deux hommes, à deux âges de la vie.

Le marionnettiste, Alain Moreau, partage bras et jambes avec ce double à taille humaine dont il manipule la tête. Il crée ainsi un personnage incarné : on pourrait voir les expressions du visage de la marionnette changer, alors qu’il est figé. La manipulation est, elle, minimale. Comme le dit le marionnettiste, il y a « juste ce qu’il faut ».

Conception, mise en scène, scénographie, interprétation & marionnette : Alain Moreau
Création musicale : Max Vandervorst
Participation à l’écriture et regard extérieur : Laura Durnez
Collaboration artistique, chorégraphie et travail sur le mouvement : Seydou Boro
Assistanat à la mise en scène: Maud Quertain
Création des éclairages : Dimitri Joukovski
Regards complices: Delphine Bibet, Thierry Hellin et les OKidoK - Xavier Bouvier et Benoit Devos.
Réalisation de la scénographie et de divers accessoires : Geneviève Périat
Aide à la scénographie : Anne-Sophie Vanderbeck
Aide à la réalisation du costume : Emilie Plazolles et Odile Dubucq

Production : Tof Théâtre
Coproduction : ONZE, Biennale de la Marionnette et des Formes manipulées - Mayenne, Sarthe, Maine-et-Loire et Théâtre Varia
Le Tof Théâtre est subventionné par le Ministère de la culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Province du Brabant Wallon.

Jauge: 130 spectateurs (adultes)
Durée du spectacle: 1 heure
Espace scénique : Ouverture : 8m
Profondeur : 6m
Hauteur : 5m
Montage+ Répétition : 2 services
Démontage : 1 heure

Une grande partie du spectacle se joue au sol et doit impérativement être visible
La salle doit être gradinée.
Au besoin rehausser le plateau.
Les rangées de sièges sur un même niveau sont à proscrire.
Occultation complète indispensable!

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  • « Alain Moreau fête les 30 ans de son Tof Théâtre avec un spectacle d’une douceur aussi poignante que rayonnante. Soleil couchant, c’est une marionnette à taille humaine qui redonne des couleurs à un sujet qu’on pourrait penser fané : la vieillesse. Il est fort, très fort, cet Alain Moreau ! Proposer une heure de spectacle, sans paroles, avec une marionnette quasi grabataire, c’est à peu près aussi engageant qu’une partie de bingo au réfectoire d’un mouroir. Et pourtant, le marionnettiste en fait un moment de grâce inouïe, une ode à la vieillesse qui vous relâche touché, comblé, apaisé. » Le Soir, Catherine Makereel, 5 mars 2018
  • « Alain Moreau nous dessine un portrait tendre et émouvant de la vieillesse, sans pathos mais bien loin aussi de la vision noire et ricanante d’un Beckett. Et on sourit parfois, car au Tof l’humour a toujours sa place, même s’il n’est jamais que la politesse du désespoir. Alain Moreau s’amuse ainsi à jouer sur le thème du double. Il fait tellement corps avec sa marionnette que le regard du spectateur se dirige spontanément vers elle, mais au fur et à mesure que se meurt le jour, il détourne de temps à autre ce mouvement, apparaissant dès lors comme le manipulateur qui sourit à sa créature ou trinque avec elle. » RTBF.be/culture, Dominique Mussche, 6 mars 2018
  • « Méditatif, introspectif et extrêmement touchant, le « Soleil couchant » d’Alain Moreau, ce virtuose discret de la marionnette, invite à un autre rapport au temps, au geste, à sa précision, à la grandeur des petits riens. (…) En osmose totale avec sa marionnette à taille humaine, à laquelle il donne vie et autonomie, Alain Moreau sait combien l’art se révèle dans le minimalisme, la retenue et le silence. » La Libre Belgique, Laurence Bertels, 6 mars 2018
  • Le belge Alain Moreau et sa compagnie Tof Théâtre, conte l’histoire émouvante d’un homme seul sur une dune de sable. Revêtu d’une marionnette à taille humaine dont il manipule la tête, Alain donne vie à ce vieux monsieur qui fait songer à Oh les beaux jours de Beckett. Avec pour seul son le bruit de vagues, la solitude de ce personnage est flagrante. Son drame se dessine lorsqu’il enlève une de ses bagues et la fait malencontreusement tomber dans le sable. Malgré ses recherches, il n’arrive pas à la retrouver. Il retire son alliance qu’il regarde longuement et fini par la jeter. Entre ses maladresses, la poésie de ses petits fanions plantés sur la plage, son regard si triste et au final le bruit de la marée montante qui s‘amplifie, on comprend toute son histoire en trente minutes et que plus aucun espoir de vie ne retient ce veuf solitaire. C’est magnifique, parfois drôle, très tendre et surtout terriblement poignant.
    (…) Sophie Lesort – Fev 2014 - www.toutelaculture.com
  • Un portait intense et poétique de la vieillesse.
    Un ultime toast à la vie, et une journée qui se meurt. Le vieux protagoniste de soleil couchant, sur la scène du Teatro al Parco, en première nationale, a choisi une plage, pour s’en aller.
    En seulement 35 mn et sans parole, Alain Moreau, à qui nous devons l’écriture, la mise en scène, la scénographie et l’interprétation de ce spectacle de la compagnie belge Tof Théâtre dessine un portrait intense et poétique de la vieillesse. Un corps instable, incertain et tremblant, se déplaçant au ralenti, regard perplexe et toujours un peu étonné, réactions lentes, sentiments impulsés, émotions révélées seulement avec le mouvement d’une main. Oui, car ce qui est extraordinaire dans tout cela, c’est que le personnage principal est une marionnette de taille humaine qui vit sur la scène en symbiose totale avec son manipulateur. Lui et son double inanimé sont reliés par le partage des mêmes bras et des mêmes jambes. Un glissement dans l’autre, un puis deux.
    Une invention qui est beaucoup plus qu’une prouesse technique, c’est la clé à travers laquelle vous pouvez aller au delà de ce qui est devant vos yeux et vous ouvrir à l’émerveillement. Soleil Couchant est un véritable bijou, pour son ambiance, pour le soin apporté aux détails, pour l’harmonie des couleurs sur scène ; une narration lyrique qui se déroule lentement au rythme du bruit des vagues.
    Arrivé sur la plage en pleine journée, le vieil homme se décide à accomplir son œuvre finale en réalisant des bâtonnets ornés de morceaux de tissus qui flottent au vent. Et tous les vêtements y passent, chemises, cravates, pantalons ; le sable rempli ses lourdes chaussures et l’oblige à se mettre pieds nus, lui faisant redécouvrir le plaisir de cette liberté et de ce contact avec la terre. Tristesse et mélancolie plus qu’angoisse ; acceptation et adaptation plus que rébellion, le vieil homme avance en vacillant dans l’accomplissement de son œuvre, quelque chose se casse, quelque chose se perd. Le public très nombreux, est entrainé avec lucidité et tellement de douceur dans cette histoire, qui, on peut le deviner, n’aura pas une fin heureuse.
    Et pendant que le jour se meurt, le soleil se couche, le bruit de la mer se fait plus fort, et qu’un vent se lève qui annonce la tempête. Avec un verre en main, le vieux s’installe à l’abri d’un mur de sable : ses morceaux de tissus ondulent dans le vent en hommage à la vie qui fut la sienne.
    Le manipulateur, se défait de lui et le quitte : le vieux avec une tendre caresse, salue son double et sa vie. Une marionnette aussi peut être seule face à la mort.
    Mariagrazia Manghi – Mars 2014 - Gazzetta di Parma
  • Un vieil homme tremblotant en costume, un mouchoir sur sa tête chauve, marche au bord de la mer dont on entend le bruit du ressac. Il va s’asseoir sur un pliant; autour de lui, des bouts de tissu accrochés à de petits bâtons qui flottent au vent.
    Il en plante certains et en arrache d’autres, puis enlève ses chaussures dont l’une pleine de sable, qu’il vide lentement. Il ne se passe rien, pas un mot n’est prononcé, alors que les pièces sur le thème de la vieillesse sont plutôt du genre bavard, et pourtant ici, on est fasciné par cette lenteur d’un homme silencieux et en fin de vie, qui se bat pour tenir encore debout.
    Alain Moreau, qui manipule son double issu de son pantalon, a un rapport émouvant avec cette marionnette qui déguste un verre de bière, qu’il finira, lui, par boire… puisque la marionnette n’a pu le faire. La vieillesse, à part Le Roi Lear, et Le Cid, avec un personnage comme don Diègue… n’est pas un thème souvent traité dans le théâtre classique, plus peut-être dans le théâtre contemporain, avec entre autres, La Vie est trop courte d’André Roussin, Tango viennois de Peter Turrini, La Maison du lac de Jean Anouilh, Harold et Maud de Colin Higgins, ou encore Portraits de William Douglas-Home .
« Si on regarde ce que j’ai créé comme spectacle, dit Alain Moreau, il y a toujours les grands-parents… quelque chose m’intéresse là-dedans. Je ne suis pas quelqu’un de particulièrement angoissé mais je pense que c’est bien de se préparer. Et puis, je suis assez attentif aux personnes âgées qui m’entourent. Mes grands-parents, que je n’ai plus maintenant… mais je suis quelqu’un d’instinctif aussi et c’est sur le moment que j’ai envie de faire des choses ».
    Edith Rappoport-septembre 2014 - http://theatredublog.unblog.fr